Pour les puristes, le HZJ71 représente le Toy ultime, celui que rien n’arrête. D’abord, il bénéficie d’un cœur d’une rare endurance, capable de vous aligner des centaines de milliers de kilomètres comme d’autres enfilent des perles. Pensez donc, un 6-cylindres en ligne Diesel et atmosphérique de 4,2 litres développant seulement 131 ch à 3 800 tr/mn pour un couple de 29 mkg disponible dès 2000 tr/mn. Un miracle de longévité greffé sur un châssis qui n’a guère évolué au cours des cinquante dernières années, si ce n’est qu’il se trouve désormais associé pour le train avant à des suspensions faisant appel à des ressorts hélicoïdaux. Le changement de millénaire aura donc été profitable à cet authentique Land Cruiser, en termes de confort et d’agrément de conduite. C’est d’ailleurs l’une des rares concessions de la modernité accordées par cet engin qui ne s’embarrasse pas à l’excès d’électronique, d’où le fait qu’il soit particulièrement apprécié des voyageurs au long cours (pour cet usage, l’animal existe en châssis long).
Son principal inconvénient réside peut-être dans le fait qu’il est officiellement absent du catalogue commercial de Toyota dans l’Hexagone. Chaque acquisition en vue d’importation sur notre territoire entraîne donc inévitablement un passage par le service des Mines pour une homologation en bonne et due forme.
Ce n’est pas le genre de tracasserie administrative qui arrête Didier GALLAND, spécialiste de négoce de 4X4 neufs et d’occasion, sous l’enseigne de « Tout terrain » à Essey-lès-Nancy, en Meurte-et-Moselle. L’homme est passionné et a l’intention de s’offrir non pas un HJZ 71 de série, ce serait trop simple, mais une version très optimisée de ce même modèle. Pour le nec plus ultra du franchissement, c’est du côté des préparateurs islandais qu’il convient de chercher. Alors, qu’importe le nombre des euros, l’idée est de réaliser ce que l’on fait de mieux dans le genre. Le résultat est largement à la hauteur de cette ambition. D’abord, il porte la signature d’Isländer, une référence incontournable en terres artiques. L’affaire ne tient donc pas du bricolage. Rien n’est effectué au hasard. Bien sûr, l’intégralité de la chaîne cinématique a été reconditionnée pour suivre sans broncher le mouvement de surélévation du véhicule. Avec pas moins de 200 mm gagnés en hauteur, à l’arrière, les lames de ressort (renforcées pour la circonstance) ont dû « gicler » au-dessus du pont. C’est surprenant, mais efficace. Les rapports de ponts sont aussi plus courts. D’autant qu’il fallait entraîner les grandes roues (des 37/14.50 R 16 de chez Maxxis, montées sur des jantes en alliage de 10x16). Remarquez qu’avec l’adjonction d’un turbo-compresseur, le 4,2 litres du Toy est en mesure de filer un sacré coup de main à l’opération. Nous verrons à l’usage qu’il se sent même pousser des ailes. Ce Land Cruiser pas comme les autres est en effet en mesure d’assurer une vitesse de croisière sur autoroute que nous pourrions qualifier aujourd’hui de hautement répréhensible. |